

Cette page est, à mon avis, importante pour couper court à la rumeur selon laquelle le comte était un dépravé. Une fois de plus je présente le travail de quelqu'un qui a scruté tous les recoins du sujet. Il s'agit d'un texte de 2001 écrit par Serge Colin pour rendre à César...
Vous connaissez sans doute monsieur Colin, critique cinglant qui n'a pas sa langue dans sa poche. Il a récemment pris sa retraite de chercheur et je me retrouve, par un curieux concours de circonstances, "légataire" de l'essentiel de sa documentation. Rien qui ne soit déjà connu, bien entendu, mais tout de même ça fait des archives en pagaille à feuilleter, classer... J'ai donc retrouvé ce texte que certains d'entre-vous connaissent peut-être. Un peu long, certes, mais croyez-moi, ça vaut la peine de le lire au moins une fois en entier.
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Pour continuer la défense de ce personnage haut en couleur, il est bon d'ajouter à cette page une anecdote
que j'ai passé les dernières semaines à vérifier (mais cela ne doit pas vous empêcher de faire votre propre
vérification derrière, on est jamais trop sûr...) :
- Selon toute vraisemblance, le comte de Morangiès a été - au pire - l'arrière-petit neveu du parain de Pierre-Marie
Arouet, mieux connu sous le pseudonyme de Voltaire, mais au mieux, il pourrait avoir été son arrière petit cousin. Et certains
historiens s'étonnent que le grand penseur ait, de 1771 à 1773, pris parti pour la défense de ce comte que personne
ne connaissait, voilà qui donne un début de réponse. Je dis un début de réponse, car le lien de paternité entre
l'abbé Castagnéri de Châteauneuf et Voltaire n'est pas officiel.
On sait que l'abbé et la mère de Voltaire étaient amants, des doutes planent semble-t-il déjà à l'époque, à cause de la ressemblance certaine de Voltaire à son parrain, et non son père, le Chevalier de Rochebrune. J'avoue que je n'ai pas poussé plus loin l'investigation car il est dur de trouver un spécialiste de Voltaire qui connaisse cette affaire, la plupart des biographes officiels ne faisant même pas paraître ce cas à la longue liste des écrits du philosophe. Elle lui aura quand même occupé trois ans de sa vie, durant lesquelles des dizaines de lettres, pamphlets et autres textes seront produits et édités en faveur du comte.
Voici ci-dessous le shémas que je suis arrivé à reconstituer, qui montre à quel niveau le lien entre Voltaire et les Morangiès se fait (cliquez ici pour l'afficher en haute résolution).

Pour ceux qui voudraient consulter les documents du philosophe qui parlent de cette "affaire", reportez-vous à la liste ci-dessous pour ne pas passer des jours à feuilleter tous les bouquins écrits sur Votaire sans rien trouver :
Voltaire, Correspondances (Paris, Gallimard La Pléïade, Edition Théodore Besterman), Tomes :
Voltaire Correspondances (Paris, Hachette, 1865) lettre 7171, de juin 1776.
Toutes les sources de cette page viennent essentiellement des travaux de feu Serge Colin "En marge de la Bête du Gévaudan, défense et illustration du Comte de Morangiès" et de Mme Chantal Martin-Granier Baudin "Une autre bataille de Voltaire, ou l'affaire du procès du Comte de Morangiès", maîtrise de lettres modernes, Université de Marne la Vallée, 2005.
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