Ma critique du reportage de David Teyssandier

La Bête du Gévaudan, autopsie d'un mythe - David Teyssandier

Affiche du film

Curieux reportage que celui-ci. On y voit des détails de la vie des paysans qui permettent de mieux comprendre les conditions de vie du peuple de France au 18ème, de même que la rudesse de la région pour ceux qui ne connaissaient pas. Une graphologue nous y indique d'après une signature de Jean Chastel que ce personnage était secret, prudent, calculé. C'est sur cette unique "étude" que semble reposer pour le réalisateur les preuves de la culpabilité de ce personnage.

Photo tirée du film

Les battues. Dieu que ce devait être fatigant ! Chiens, domestiques, chevaux, figurants, rien n'a été oublié pour les scènes de reconstitution de faits d'époque. Domage cependant que les costumes des dragons de troupes légères de Clermont-Prince, et celui du capitaine Duhamel n'aient pas suscité plus d'intérêt, car à cette époque (2001) monsieur Berthelot avait déjà publié ses recherches sur les uniformes militaires.

La reconstitution de la Bête tuée par Jean Chastel, elle, est une première visuellement. Je dis visuellement, parce que ceux parmi vous qui ont un chouilla creusé l'affaire seront vite arrivé au même résultat. La nouveauté est d'avoir un visuel de l'hybride, même si sa représentation (presque dans une posture de soumission), ne permet pas d'y retrouver la Bête qui faisait peur. Le résultat en est toutefois intéressant.

Malheureusement, les infos sont données sans aucune références, mélangeant fantasme et réalité. Ainsi la globalité du reportage suit le livre de l'abbé Pourcher et reprend même des passages entiers. Mais les exemples tels que :

sont utilisés et fait passer pour vrais alors qu'il n'en est rien. Le mémoire de Jacques Portefaix, cité comme preuve accusant l'intervention humaine est un faux, inventé de toutes pièces par Roger Lagrave (plus d'infos sur Portefaix, cliquez ici). Je tiens également de Bernard Soulier que monsieur Teyssandier lui aurait avoué, devant témoin, qu'il avait lui-même filmé le mémoire aux archives départementales de Montpellier, ce que l'on sait être faux depuis les recherches de Guy Crouzet.

Photo tirée du film

Pour conclure, en dehors de moyens importants pour tourner sur site, et faire des très beaux effets spéciaux, on regrette une fois de plus qu'un reportage "officiel" ait si peu de respect pour l'affaire et contribue à colporter des erreurs qui lui font du tort.
Mais ça n'est que mon avis personnel propre à moi-même.