Ma critique du film de Philippe Bordier

La Bête du Gévaudan - Philippe Bordier

Affiche du film

Sorti en 2000 uniquement en vente par correspondance (après être passé en cinéma de plein air tout l'été 2000, à Saugues), ce film est assez bien monté et l'intrigue est intéressante, jugez plutôt du pitch :
"Le sociologue Hugo Campa spécialiste de sorcellerie, loups-garous et autres faits du genre, est dépêché en Gévaudan afin d'enquêter sur de mystérieuses attaques dont sont victimes des troupeaux de moutons. Mais voilà, ce ne sont pas des cadavres de moutons qu'il trouve dans la montagne…"

Photo tirée du film

Histoire contemporaine donc, mais qui a tendance à se perdre dans des méandres un peu complexes et apparemment non maîtrisés du scénario. Beaucoup de pistes, aucune ne mène vraiment quelque part… Mais c'est aussi ça, le mystère de la Bête : ces pistes que l'on suit les unes après les autres, sans jamais rien trouver qui soit vraiment probant. En ce sens, le film montre très bien la galère des chercheurs.

Le fait que tout soit tourné en numérique donne une ambiance un peu crue, comme dans un reportage ; certains acteurs manquent de conviction, ce qui donne du mal au spectateur de se plonger véritablement dans l'histoire. Le son direct est aussi un problème (surtout en extérieur), puisque l'on n'entend moins d'une réplique sur deux et presque rien dans la scène finale, où le meurtrier explique les raisons de ses actes.

Photo tirée du film

La théorie des descendants de loups-garous de l'époque de la Bête reste intéressante même s'il me semble que cela aurait pu être mieux exploité. Néanmoins, je sais par expérience personnelle qu'il est difficile de faire un film fantastique sans trop de moyens (on regrette de ne voir que très rapidement une photo de monstre à l'écran lorsque la Bête attaque) ; c'est donc tout à l'honneur du réalisateur d'avoir tenté la chose sur un tel sujet.

On ne peut par contre rien dire sur l'affiche du film que je trouve géniale, de même que cette petite phrase : "…un jour, peut-être demain, elle fera parler d'elle, la Bête et elle se vengera…".

Vendu à l'origine dans un boîtier rond métalisé, le CD-ROM visait à présenter la théorie du réalisateur et possédait même un scan du script, permettant de lire l'histoire et ainsi de mieux comprendre l'issu de l'intrigue, dont le dialogue est, dans le film, étouffée par le bruit de la cascade qui coule derrière les acteurs. Mais un film est un film, un hommage n'en reste pas moins un hommage.