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Au cours de mes investigations, j'ai été ammené à rencontrer plusieurs professionnels animaliers et ce qui m'a surpris c'est la pluralité des explications données. Voici donc quelques professionnels et la théorie qu'ils défendent (cliquez sur le nom pour accéder directement au paragraphe qui vous intéresse):

Franz Jullien - Daniel Jumentier - Jean-Christophe LeGressus - Michel Louis - Sylvain Macchi - Jean Richard - Bernard Soulier

Franz Jullien

Franz Jullien

Franz pense qu'il s'agit d'une hyène rayée d'Afrique, et son explication n'a rien de fantasque comme beaucoup ont pu l'être à ce sujet, mais au contraire très logique : la dépouille amené à la cour par Chastel lui-même n'a pas pu, comme le prétend la rumeur, "être enterré au plus vite car son odeur dérangeait le souverain". Les scientifiques de l'époque, qu'étaient Buffon et Daubenton, n'auraient laissé passer l'occasion d'étudier cet animal légendaire pour rien au monde. C'est un peu comme si on amenait un véritable Yeti à un naturaliste d'aujourd'hui et qu'il le faisait incinérer . . . parce qu'il pue ! Impensable donc, pour Franz, et assez logique si l'on se fie à notre seul bon sens. De là, l'animal aurait suivi le cheminement normal d'un nouveau spécimen arrivant dans les collections du musée.

Il sera exposé pendant de nombreuses années puisqu'en 1819, une plaquette qui sert aux visiteurs de la ménagerie, présente une hyène barrée et fait le lien avec l'animal empaillé du Cabinet du roi, qui a tué beaucoup de monde en Gévaudan. Démonté probablement vers la moitié du 19ème siècle, on perd sa trace. S'il était en trop mauvais état, il aura été brûlé mais tout n'est pas joué : s'il n'était pas trop abîmé, il a pu servir pour une autre naturalisation. Ne désespérons donc pas car selon monsieur Jullien, un jour, peut-être, on retrouvera dans une autre naturalisation de carnivore, un crâne qui n'aura rien à faire là et ce sera, peut-être, celui de la Bête du Gévaudan…

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Daniel Jumentier

Daniel Jumentier

Celui pour qui le dressage policier n'a plus de secret ni en europe ni outre-atlantique ne déroge pas à la règle. Il estime lui-aussi que la Bête a forcément été conditionnée à attaquer l'être humain. Son avis plus poussé en cliquant ici

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Jean-Christophpe Le Gressus

Jean-Christophe LeGressus

Chirurgien vétérinaire qui, pour mon reportage de 2007, a étudié le rapport de maître Marin, Jean-Christophe en a déduit qu'il ne pouvait s'agir que d'un chien type berger de l'est, grand et robuste, indiquant même nominativement un chien de race Leonberg.

En effet, les races de chiens ne sont pas aussi fixées maintenant qu'il y a 250 ans, et il y a des races de chiens qui existaient à l'époque et qui correspondraient beaucoup mieux à la description de la Bête qu'aucun hybride ne pourrait le faire. De plus, la possibilité que ce fut un hybride de chien et de loup est pour lui à écarter, car l'animal du rapport Marin est trop volumineux pour en avoir été un.

L'identité de la Bête serait donc pour lui un chien de type berger qui, abandonné ou échappé mais en tous les cas dressé, serait revenu à la vie sauvage et, nécessité faisant loi, aurait fini par avoir faim et aurait décidé de s'attaquer aux hommes, dont il n'avait pas peur. À savoir s'il fut de la région du Gévaudan ou des Balkans, rien ne peut nous le dire avec certitude, car le rapport ne contient aucun croquis de l'animal en question…

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Michel Louis

Michel Louis

Cet éthologue lupin qu'on ne présente plus explique clairement dans son livre "La Bête du Gévaudan : l'innocence des loups" que les mesures de la Bête tuée par Jean Chastel trahissent sa nature. Il ne peut s'agir pour lui que d'un hybride de chienne et de loup et il affirme même que, compte tenu du comportement des loups sauvages en période de reproduction, cette hybridation n'a pu se faire qu'en captivité.

En effet, la période de chaleur des loups se situant au mois de janvier, une louve sauvage refuserait tout contact avec un chien errant, et un loup sauvage préférerait manger une femelle errante que de la couvrir (l'hiver est une rude période pour les loups). Il nomme précisément le comte Jean-François Charles de Molette de Morangiès et Antoine Chastel comme les coupables de la tuerie.

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Sylvain Macchi

Sylvain Macchi

Responsable zootechnique du parc à loups de Sainte Lucie (Lozère), il penche pour un hybride ou d'une hyène recouvert d'une carapace, car c'est pour lui la seule manière d'expliquer comment l'animal résistait aux balles qu'on lui tirait, et surtout aux coups de lames qu'on lui portait. Il adhère bien évidemment à la théorie du dresseur de bête.

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Jean Richard

Jean Richard

Jean Richard, fondateur du Musée Fantastique de la Bête du Gévaudan à Saugues, pense que c'était un loup, s'appuyant sur le rapport Marin. Mais la piste des chiens de bergers qui montaient du sud lors des transhumances d'été, même si elle n'a, pour le moment du moins, pas encore été beaucoup creusée, est pour lui intéressante.

En effet, l'hybridation pourrait expliquer les ressemblances et les différences entre la Bête et ses deux parents, le chien et le loup. Quoi qu'il en soit, il reste tout de même convaincu de la culpabilité du loup, même s'il reste très ouvert à toute sorte de proposition.

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Bernard Soulier

Bernard Soulier

Pour Bernard Soulier président de l'association "Au pays de la Bête" à Auvers, la BDG n'est qu'une affaire d'animaux sauvages et non d'animaux dressés ou d'hommes (hormis un ou 2 décès suspects mis sur le compte de la bête).

Des loups plus grands que la moyenne et au moins un hybride seraient en cause. Cet hybride proviendrait soit d'un accouplement naturel entre un chien de berger errant et une louve, soit il aurait été créé au départ pour la chasse au loup, et aurait échappé malencontreusement à son propriétaire.

Antoine aurait tué un grand loup dévorant, de même pour les frères Marlet ainsi que les gardes d'Antoine. Jean Chastel aurait pour sa part tué l'hybride.

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