Jean Chastel

Un peu de lumière...

Stèle dédiée à Jean Chastel à l'entrée de La-Besseyre-Saint-Mary

Les documents officiels nous apprennent peu de choses sur Jean Chastel, mais c'est normal : un paysan du 18ème siècle n'écrivait pas sa vie, personne n'écrivait pour lui non plus. Les seules traces qui ont survécu au temps, ce sont quelques signatures sur les actes de décès ou les actes de baptêmes, ou encore des mariages. Hormis ça, rien.

Tout le reste, on ne le sait que par ouï-dire, par tradition orale. Et la tradition orale du pays, elle parle d'un Jean Chastel qui était paysan et aussi un très grand chasseur de loups. Dans la famille Chastel on a gardé en mémoire que Jean était un tueur de loups. Mais la tradition orale de la famille nous en apprend plus sur l'homme à proprement parler. On sait ainsi qu'il savait lire et écrire, ce qui n'était pas très courant à l'époque. C'était quelqu'un qui n'hésitait pas à réclamer son dû. C'était un simple paysan mais qui n'avait pas peur d'écrire pour faire valoir ses droits auprès des puissants de l'époque. C'était aussi quelqu'un qui était un peu au dessus de la moyenne au niveau intellectuel, on pourrait presque parler de notable du village.

Ses professions n'ont, elles non plus, rien d'extraordinaire, et là on peut être sûr de ce que l'on dit, car tout est consigné dans les nombreux documents où Jean Chastel a signé et qui nous restent. Ainsi on peut dire que Jean Chastel était laboureur/agriculteur, cabaretier et même brassier (brasseur). Attention : un brassier c'est quelqu'un qui travaille avec ses bras, pas quelqu'un qui fait de la bière !
Donc il était sûrement un peut tout ça en même temps : il devait avoir un petit "bar de campagne" et quelques animaux - des vaches très probablement -.

L'histoire de ses fils, notamment Antoine - qui est dit avoir été dans sa petite maison entouré de bêtes au pied du mont Mouchet - c'est vraiment de la légende. Cela n'est jamais ressorti dans la tradition orale du pays, ce sont Abel Chevalley (1936) et Henri Pourrat (1946) qui ont inventé tout ça, le second ayant pompé et étoffé le récit de son prédécesseur. Mais ces deux auteurs ne sont pas historiens et ça, les "spécialistes" d'aujourd'hui ne le mentionnent jamais. Méfiance donc si la source est l'un de ces deux auteurs.

Pour revenir à Antoine Chastel, à l'époque de la Bête du Gévaudan, il vivait à la Besseyre, après il a vécu au Besset et il a vécu une vie tout à fait normale. Il n'existe aucun document d'époque ni aucune tradition orale qui ait situé Antoine Chastel en gardien de fauve dans la forêt de la Tennazeyre. Cela reste vraiment de l'invention pure et simple.

Propos de Bernard Soulier recueillis à Auvers en février 2007.

Signature de Jean Chastel

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