Etude du procès de la famille Rodier

De très bonnes nouvelles concernant le complice de la famille Rodier me sont parvenues cette semaine (21/27 juin 2010) tout droit du Service Historique de la Marine Nationale, basé à Toulon. Les recherches ont été fructueuses concernant le complice de la famille, Paul Serre. Sans plus attendre voici un scan de l'archive et une traduction du texte juste en dessous. On se récupère plus bas pour développer.


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N° 6566
Paul Serres, fils de feu Jean et de feüe marie Chapeliere, garçon marbrier, âgé de 27 ans, natif de la paroisse du Mariol (?) en Vivarais, évêché et juridiction de Vivier, taille basse cheveux et sourcils noir, barbe chatain brun, visage long et maigre, les yeux gris le nez bien fait, marqué des lettres G A L (?).
Condamné à Mende en Languedoc par jugement prévotal le 17 mars 1762 pour être vagabond et complice d’un vol de chevaux à neuf ans . . . de galères ? . . . formule spéciale de fin d’acte d’entrée (?) . .
En marge en haut à gauche :
Mort à Marseille à l'hopital des Chiourmes le 1er février 1764.

Si ce billet de six lignes ne traite que du complice, il nous donne toutefois des informations importantes sur la famille Rodier. En effet, Paul Serre est le seul à être arrivé au bagne de Marseille, aucune trace n'a été trouvée d'un Rodier. Comme j'imagine mal deux condamnés lors du même procès envoyés dans deux bagnes différents, il ne reste que l'option selon laquelle aucun Rodier n'est allé au bagne.

Donc on peut être sûr que le fils aîné, qui était promis au bagne comme Paul Serres, a gagné une remise de peine après la délation de tous les complices.

Autre chose, même si c'est un détail. Pour ceux qui, comme moi à la page précédente, croyaient que la peine de féltrissure correspondait à marquer d'une fleur de Lys au fer rouge sur l'épaule gauche du condamné, on apprend ici que le fer était en forme des lettres "GAL". On sait aussi pour quelle raison la famille a été arrêtée, même si le lieu de l'arrestation reste inconnu : un vol de chevaux. Le village d'où Paul Serre serait originaire reste quant à lui un mystère "Mariol, évêché de Viviers, en Vivarais" reste introuvable sur une carte, même de Cassini. La nature de sa mort nous est également inconnue ainsi l'on ignore s'il est mort de maladie, à cause d'une blessure, suite à un accident, etc... Mais il est définitivement à enlever de la liste des gens qui auraient pu vouloir se venger du Gévaudan, puisqu'il meurt en février 1764, quelques mois seulement avant le début de l'affaire.

Dans les chapitres suivants, vous allez suivre pas à pas toute l'exécution, telle qu'elle a pu se passer...


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