Présentation de la louveterie

Second groupe de la Louveterie Provinciale

C'est dans ce groupe-ci que se trouvaient classés les sieurs d'Enneval, comprenant les lieutenants de Louveterie qui portaient les couleurs de Sa Majesté, mais également les maîtres et leurs équipages créancés pour le loup qui recevaient une commission royale de la main du Grand Louvetier afin de chasser librement messire canis lupus.

Si les Louvetiers continuaient à arborer fièrement la livrée du roi sur leurs tenues - ou celles de leurs émaux d'armoiries qui étaient parfois similaires - la fin du règne du Bien-Aimé vit toutefois les premières apparitions d'uniformes verts pour quelques équipages ; quelquefois, la couleur des parements et des collets rappelaient probablement la bête noire qu'ils chassaient. Sous Louis XVI, la tenue verte s'étendit encore davantage au sein des équipages, et celui de la Baronne de Draëck, redoutable première louvetière, ne fit pas exception à cette nouvelle règle.

Certains seigneurs disposaient de plusieurs équipages affectés au courre du loup, du cerf ou du sanglier, et n'employaient qu'une seule et même livrée pour ces différentes chasses. Les couleurs des habits des louvetiers passaient alors allègrement du vert au bleu foncé, sans oublier le rouge qui fit une percée dans la mode vestimentaire des équipages suite à l'importation de la tenue anglaise en France par le duc d'Orléans, au cours des années 1780. Louis XV et Louis XVI chassèrent peu le loup avec l'équipage royal et, vers la fin du règne du Bien-Aimé, cette formation - incluse dans la Grande Vénerie Royale - avait déjà pris quelques distances avec le service des chasses du roi en s'approchant davantage de la Louveterie Provinciale et de ses lieutenants. Elle ouvrait ainsi l'ère d'une louveterie de service public, telle qu'on la verra renaitre durant le Premier Empire et la Restauration, sous l'égide des préfets.


Patrick Berthelot