Présentation du Capitaine Duhamel

Le "capitaine Duhamel". Voilà comment nous le connaissons tous. "Celui qui en premier vint chasser la Bête".
Et ?
Quel est son grade exact ?
Son prénom ?
Son âge ?

Je me suis amusé à faire une petite fiche d'identité avec tout ce qu'il est bon de savoir sur le capitaine.

Nom de naissance Prénoms Date de naissance Grade
Boulanger Duhamel Jean-Baptiste-Louis-François 6 avril 1732 à Amiens Capitaine aide-major, commandant du détachement des dragons des Volontaires de Clermont-Prince en Gévaudan (1764-1765)

Premier poste dans le régiment d'infanterie de Cambis à l'âge de 15 ans. Recruté comme adjudant au corps des "volontaires étrangers" au printemps 1758, il est fait Capitaine Aide-Major des volontaires de Clermont-Prince en mai 1758.

Pour info, l'état-civil intégral du capitaine Duhamel a été découvert il y a quelques années par Mr Henri Allyot, véritable chercheur et grand passionné par tout ce qui se situe autour de la Bête du Gévaudan et de son histoire.

Fait Chevalier de l'ordre de Saint-Louis le 9 décembre 1771, il se retire en 1788 avec une pension annuelle de 1400 livres.

Précisions tirées du site de P. Berthelot :
"En tant qu'officier d'état-major des troupes montées de Clermont-Prince, le capitaine-aide-major Duhamel ne commandait pas aux compagnies de ce régiment. Sur l'archive certifiée du contrôle des troupes selon Le Corvisier à la date du 4 Mai 1763, apparaissent les noms des divers commandants des compagnies d'infanterie mais aussi de cavalerie légère (dits dragons sans en être en réalité, d'où la confusion...) sans que l'on puisse y découvrir celui de Duhamel, vu qu'il n'appartenait pas à ces compagnies et était comme tous les officiers d'état-major, sans aucun commandement de ces dernières. Ainsi valait la règle pour ces corps légers et même les dragons du roi."

"Pas un seul de ces gradés ne commandait de compagnies mais seulement conjointement le régiment dans son intégralité avec un particularisme orienté pour chaque spécificité : les officiers d'infanterie vers les compagnies de grenadiers et de fusiliers et ceux de cavalerie vers les cavaliers légers, chasseurs à cheval ou dragons légers. [.] Le capitaine-aide-major Duhamel a peut-être supervisé la descente des quatre compagnies montées de Clermont-Prince vers Langogne et Pradelles dès l'automne 1763, mais il n'y avait pas le moindre pouvoir. Se trouvait-il dès lors stationné à Mende où l'a t-on fait descendre en urgence de Longwy en voyant la tournure des terribles événements bestieux à l'automne suivant ? A ce stade nous ne le savons pas.

Ce dont nous sommes par contre certains et renseignés, c'est qu'il aura bien fallu une acceptation et un ordre du haut commandement militaire et royal, relayé par le général de Moncan, pour que Duhamel soit exaucé dans son vou de volontariat à vouloir prendre la tête des opérations de la chasse à la Bête. Son commandement dans l'instant fut à la suite d'une décision non conventionnelle choisie et orientée : il ne faut pas oublier qu'il ne se contenta pas d'enrôler une compagnie dans son unité de circonstance mais qu'il piocha dans les quatre compagnies réparties entre les casernes de Langogne et Pradelles pour y prélever les meilleurs soldats et les tireurs expérimentés armés de carabines à canon rayés. Pour quelle raison fallait-il octroyer un commandement particulier et circonstanciel à cet officier d'état-major dont la fonction n'était pas d'ordinaire de commander aux compagnies ? Pour quelle raison le capitaine de Chennevière, qui était à la tête de deux compagnies de cavaliers de Clermont-Prince à Pradelles, ne pouvait-il pas remplir cette fonction ? A l'automne 1764, cette affaire de bête juste naissante inquiétait-elle déjà les autorités au plus haut niveau, au point de faire venir en Gévaudan un officier d'état-major bien en Cour pour la gérer ! Oui, bien en Cour puisque nous savons que Duhamel l'était...et pas davantage un simple officier d'état-major d'une certaine noblesse , puisqu'il se permettait - comme nous en sommes informés depuis quelques temps grâce à l'archive relevée par le professeur Jean-Marc Moriceau - d'envoyer un mémoire concernant l'équitation militaire et la manouvre de ses cavaliers dragons au ministre des armées, le sieur Etienne-François de Choiseul !"

Ainsi faudra-t-il désormais rédiger nos manuels : Duhamel ne commandait pas normalement de compagnies montées au sein de son régiment et ce régiment de Clermont-Prince était en fait le 10e régiment de chasseurs à cheval, des Volontaires puis de la Légion de Clermont-Prince mais jamais un régiment de dragons du roi !"