Présentation des chiens des d'Enneval

Pour le Gévaudan, les d'Enneval n'emportèrent pas de limiers ou de chiens courants normands mais six grands danois (de race germano-scandinave) aux oreilles coupés comme le voulait la tradition du temps.

L'un d'entre eux avait été prêté par le comte de Montesson parallèlement au valet qui le conduisait. On définissait ces canidés comme des chiens "très mordants" avec une hauteur au garrot pouvant atteindre 80 centimètres. Curieusement, leur collet n'était pas protégé par les habituels et redoutables colliers à pointes métalliques que portaient les chiens de la Louveterie, mais uniquement par un large modèle de cuir, tout juste clouté.

Les d'Enneval avaient choisi l'option du laisser courre à vue avec des dogues, qui était en fait totalement inapproprié au relief accidenté du Gévaudan. De plus, ces danois, qui n'étaient pas des limiers, ne possédaient pas un odorat suffisamment développé. Là se situait les deux raisons primordiales de leur échec dans la chasse à la Bête.

Jean-Charles-Marc-Antoine était persuadé que la nature de la créature qui sévissait en Gévaudan n'était pas différente de celles que combattait dans l'Est le chevalier de l'Isle de Moncel, lieutenant de la Louveterie Provinciale. Son fils le rejoignait sur ce point tout en restant dubitatif face à la crête de poils noirs que la Bête portait sur l'échine et la grosseur "hors norme" de sa queue pour un simple loup...