Présentation de François Antoine

François Antoine

Fonctions et titres :

Lieu de résidence : Compagne :


Historique (non exhaustif)

Antoine officiait aussi comme Garde du Magasin des Poudres Royales et du Cabinet des Armes de Guerre : il fournissait,entre autre, les cuirasses aux officiers de la cavalerie royale, et avait, en quelque sorte, ses entrées royales auprès des Fournisseurs des Manufactures de Klingenthal (Alsace) et de Sohlingen (Germanie). Grâce à la générosité de son actuel descendant, nous avons pu contempler la splendide facture artisanale de ses couteaux de chasse. François Antoine était bien plus qu'un simple officier commensal de sa Majesté car,certes il suivait le roi lors de ses déplacements cynégétiques en Suisse, en Autriche et au Piémont, et eu même l'opportunité de lui sauver la vie plus d'une fois mais, à Versailles, il était aussi le plus proche "noble serviteur" et ami de Louis XV car il avait sa totale confiance et se voyait même assez souvent désigné pour résoudre de "délicates affaires" qui auraient pu créer quelques tourments à Sa Majesté.

Ci-contre, les Grandes armes de la famille Antoine en 1766, d'après Louis-Pierre d'Hozier, Juge d'Armes de la Noblesse de France - Dessin : Berthelot 2006.-->

Les Antoine n'étaient pas louvetiers du roi mais, comme le laisse si bien entendre le Chevalier d'Yauville, depuis le milieu du XVIIIe siècle, on avait pris l'habitude de servir le gibier à la carabine à l'instant de l'hallali afin de préserver la vie des chiens mais aussi celle des veneurs. Les Antoine officiaient en priorité aux chasses à tir du roi Louis XV (qui excellait aussi dans cette pratique) mais également dans la plupart des équipages de la Grande Vénerie. Ils se distinguèrent tout particulièrement aux côtés de l'équipage de la Grande Louveterie Royale et servirent sous les ordres des Grands Louvetiers suivants: Armand de Belzunce, Agésilas Gaston - marquis de Flamarens, le comte de Flamarens - son neveu - et Joseph Louis Bernard de Cléron - comte d'Haussonville et dernier Grand Louvetier du Roy Louis XVI.

François Antoine cumulait aussi les titres d'Inspecteur de la forêt et des chasses de la Capitainerie de Saint-Germain-En-Laye avec ses multiples autres fonctions. Bien qu'étant originaire de la région de Rethel, la famille Antoine était très attachée à la terre de Saint-Germain et un certain nombre de membres de cette dynastie de commensaux royaux furent d'ailleurs inhumés dans les caveaux de l'église paroissiale de cette ville.

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La demeure de François Antoine:

Depuis le n°8 de la rue St Honoré (ancienne numérotation), François Antoine rayonnait facilement dans la ville de Versailles, en direction des chenils, des bâtiments de la vénerie du roi, et jusqu'au Château, qu'il atteignait en passant probablement par le Potager du Roy (entrée par l'extrémité de la rue d'Anjou, dans laquelle se trouvait la demeure de son fils, au N°80). Nous devinons assez facilement l'aisance que pouvait procurer le logement dans une telle bâtisse au XVIIIe siècle. De nos jours, bien que séparée en deux parties, nous distinguons encore la façade originelle de cette belle maison avec, sur sa gauche, le porche qui a conservé sa belle voûte de pierre. Ce passage devait permettre à Antoine d'acheminer différents effets liés à sa fonction cynégétique, comme celui du passage d'une benne par exemple. Il avait aussi aménagé un volière - pour des faisans de Chine - sur l'avant du jardin et planté quelques orangers dans la seconde partie de l'espace vert. Le passage extérieur à la maison était alors bien utile pour évacuer les différents déchets générés par les volatiles et l'entretient du jardin. Nous voyons d'ailleurs très bien l'ensemble de ces détails sur le plan d'époque du sieur Delagrives.

A l'intérieur du domicile, Antoine avait décoré les murs de tentures de toiles qui représentaient des paysages ainsi que de divers tableaux - dont celui de Jean-Baptiste Oudry relatant sa chasse au grand loup de Versailles - d'estampes, de glaces à trumeaux et de différents trophées de chasse. A la lecture des lettres de sa seconde épouse, Elisabeth Songy, nous imaginons facilement l'espace vital que pouvait octroyer cette maison à l'époque où François Antoine terrassa la Bête des Chazes, que l'on prit un temps pour celle du Gévaudan. Résidence qui, selon elle, ne désemplissait pas de visiteurs admiratifs, du matin au soir, lorsque son mari délivra le pouvoir royal du poids de l'épuisante contraire que faisait porter sur ses épaules l'ombre de la redoutable Bête du Gévaudan. Nous imaginons alors facilement l'ambiance qui régnait au sein de ce quartier : Il faisait beau à Versailles en cette fin du mois de septembre 1765, la clameur de la délivrance courrait les rues, de la ville au château, les fenêtres de la maison d'Antoine étaient ouvertes sur cette belle place ombragée, bordée à l'Ouest par la magnificence des murs de la cathédrale Saint-Louis et, que se soit à proximité de ce qui deviendra la percée Saint-Honoré ou à quelques pas de la maison dans le prolongement de la rue, on percevait sans difficulté les clameurs et autres expansions de joie qui s'échappaient de la Maison des Antoine. Ce fut une glorieuse journée pour Versailles et ses habitants... Nous savons que François passait également beaucoup de temps à Saint-Germain où il était sous-lieutenant des chasses, en titre, à la Capitainerie, tout comme aux chasses tirs du roi et à ses préparations ainsi qu'au service des différents équipages de la Vénerie Royale. C'est cette dernière pratique, effectuée jusqu'à l'excès, qui eut le plus d'effets dévastateurs sur sa santé. Comme la plupart des veneurs du temps, Antoine souffrait de terribles rhumatismes. La ville de Dax, dans les Landes, à la devise très explicite "Regia Semper" (Toujours Royale), offrait les meilleurs soins aux veneurs du roi. François Antoine s'y rendit en cure en mai 1761, et ceci lui permit de recouvrir quelque énergie supplémentaire pour affronter la future et délicate mission que Louis XV allait lui confier, quatre ans plus tard, et qu'il accomplirait en Gévaudan. Au seuil de l'été 1771, fatigué, usé, et perclus de douleurs rhumatismales, Antoine se résigna à prendre à nouveau la route pour Dax, non sans avoir au préalable pris soins de rédiger son testament. Il ne revit jamais Versailles ! Ainsi disparaissait l'un des plus glorieux chasseur du règne du roi Louis XV. Les Archives de sa famille nous apprennent qu'il fut inhumé dans l'église paroissiale de cette cité royale.

La ville de Dax comportant diverses églises, nous avions dû entreprendre des recherches pour découvrir le lieu exact de sa sépulture. A cette occasion, nous fûmes dans l'obligation de solliciter l'aide des historiens du Clergé et du président de la société de Borda. Ce qui nous permit de recouper nos sources d'informations afin d'établir avec certitude que le sieur François Antoine avait bien été inhumé dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame Sainte-Marie de Dax. Le service Archéologique des Landes avait relevé la présence de deux tombeaux dans la crypte, dont nous savons maintenant que l'un d'entre eux figure la demeure éternelle du Chevalier François Antoine...

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Patrick Berthelot