Biographie de Jacques Portefaix

Comme je le dis souvent, l'affaire de la Bête ne regroupe pas qu'un seul corps de métier en ce qui concerne les acteurs, et il en va de même pour les chercheurs. Après quelques années on a tendance à prendre tout pour acquis en évitant de se remettre en question. Pourtant, certaines découvertes sont parfois si importantes qu'elles nécessitent une révision d'un pan de l'histoire qu'on pensait connaître.
C'est le cas avec l'histoire de Jacques Portefaix.
Une fois de plus, le résultat présenté ici est avant tout le fruit d'un travail collectif des membres du Clavier des Bestieux, que je tiens à remercier pour me permettre de vous livrer ici leur travail fantastique de recherches et d'investigations :
- Max Arthuras
- Jacques Baillon (acte de décès)
- Patrick Berthelot
- Jérôme Brasseur (testament)
- Aurélien Bonnal
- Maxime Cellier
- Annie Ehrensperger-Blaisse (photo pensionnat)
- Colette.

Biographie complète de Jacques Portefaix

Jacques André Portefaix, natif du village du Villeret de Chanaleilles - Diocèse de Mende, a vu le jour le 8 novembre 1752 au sein d'une ancienne famille bourgeoise de la campagne gabalaise , que le mauvais mariage du père avait sérieusement appauvrie. Les archives nous informent effectivement que l'union de son père, André Portefaix (cadet de la fratrie), et de sa mère, Marianne Bataille, avait engendré d'irréversibles dettes et divers litiges suivis d'hypothèques, et, in fine, de séparations forcées et de ventes de biens familiaux afin de tenter de combler les déficits du foyer. Les huit enfants qui virent ensuite le jour (six garçons et deux filles) n'améliorèrent pas la situation financière de la famille Portefaix.

Toutefois, les événements qui devaient survenir à partir de l'année 1765 allaient providentiellement soulager la maison du poids et de la charge de l'un d'entre eux.
En effet, depuis peu de temps les autorités du diocèse du Gévaudan avaient ordonné que les petits bergers se regroupent en communauté afin de tenter de faire front aux attaques meurtrières d'une bête diabolique qui dévorait les gens de la contrée depuis le milieu de l'année précédente. C'est dans ce contexte que sept petits pâtres du Villeret (cinq garçons et deux filles), gardant leur troupeau sur la montagne , furent attaqués par la Bête du Gévaudan le 12 janvier 1765 et que, sous la conduite du plus vaillant et du plus téméraire d'entre eux, Jacques André Portefaix, ils parvinrent à mettre en fuite, non sans dommages et sans frayeur, ce terrifiant monstre anthropophage.

Devenus par la force des choses de véritables héros juvéniles qui étaient parvenus à s'extirper des griffes du monstre et à le mettre en fuite, leur acte de bravoure ne passa pas inaperçu et sa légendaire ''théâtralisation'' parvint de ce fait jusqu'à la Cour à Versailles et forcément à l'oreille de Louis XV, qui prit la décision de les récompenser, et particulièrement le plus courageux d'entre eux répondant au patronyme de Portefaix, en l'intégrant comme l'une de ses pupilles royales, annuellement pensionnées.

Plan du bâtiment des frères des écoles chrétiennes de Montpellier en 1779
Plan du bâtiment des frères des écoles
chrétiennes de Montpellier en 1779 -
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Les autorités du Languedoc, confortées par les ministres du roi, prirent ainsi la décision d'envoyer Jacques André Portefaix étudier à l'école des frères ignorantins de Montpellier (frères des Écoles Chrétiennes - à ne pas confondre avec les frères des Écoles de la Doctrine Chrétienne).
Le jeune pâtre, alors âgé de 12 ans accomplis, prit donc la route de sa future école le 9 avril 1765, accompagné de son oncle, le plus jeune frère de son père, un personnage de haute stature qui était prieur à Bagnols, localité qui se situait sur les terres du marquis de Morangiès.
Ils passèrent auparavant à Mende pour y rencontrer l'évêque de Choiseul, à qui Portefaix fit la meilleure impression.

En 1768, sur demande du roi, Jacques André Portefaix rédigea un mémoire relatant son combat contre la Bête, qui mit en évidence ses remarquables et rapides progrès dans le suivit de son instruction. Monsieur de Saint-Priest, Intendant du Languedoc, fit suivre un exemplaire de ce volume, écrit de la main du jeune Portefaix, à son confrère le ministre de l'Averdy, qui le communiqua à son tour au ministre François Étienne de Choiseul. Celui-ci, dit-on, ne l'apprécia guère (selon ce que nous en dit principalement Mr Roger Lagrave). Tous furent sans doute unanimes pour dire que la main du jeune Portefaix avait été téléguidée dans la rédaction de ce mémoire, dont l'original fut déposé à Montpellier tandis qu'on expédiait les trois autres copies à destination de diverses autorités du royaume. Pas un seul exemplaire de ces quatre documents n'a été à ce jour retrouvé.

Entrée du bâtiment des frères des écoles chrétiennes de Montpellier
Pensionnat des Fr. des Ec. Chr.
angle rue du plan de l'Olivier et
rue de la Verrerie Basse 1-
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Au cours du mois d'octobre 1770, toujours encadré par son doctrinaire des Ignorantins de Montpellier, le frère Bruno François Véran-de-la-Croix , Jacques Portefaix passa par le château de Fontainebleau où il fut reçu par le roi Louis XV en personne, qui lui remit une bourse pour la continuité de ses études, et y rencontra également le Duc de Choiseul et le Ministre de Saint-Florentin ; deux personnages qui comptèrent beaucoup dans la gestion de l'affaire de la Bête. Apparemment, monsieur de Choiseul avait jugé préférable de ne pas placer Portefaix à l'école des officiers de Bapaume où il n'aurait jamais trouvé sa place parmi ces enfants de la noblesse (bien qu'il avait antérieurement donné l'impression de le souhaiter) et décida donc de l'envoyer étudier à l'école d'artillerie située à Douai, où était stationné durant cette période le régiment d'artillerie d'Auxonne.

Jacques André Portefaix prit donc son service à l'école d'artillerie de Douai le 26 novembre 1770. Il était alors dit soldat au Corps Royal de l'Artillerie de France. Il était placé sous les ordres du commandant de l'école, le maréchal de camp Pierre-Bonaventure-Willem de Bréande. Ce dernier le prit sous sa protection, allant parfois jusqu'à réclamer la pension de Portefaix qui tardait à être versée. Il l'appelait "Villeret" puisqu'il écrivait son nom Villerey ou Villeray. Afin de ne prendre le risque de railleries de la part de ses camarades, on avait conseillé à Jacques André de prendre comme pseudonyme militaire le nom de son village, qui était le Villeret de Chanaleilles. Le patronyme erroné de Villaret - uniquement employé par Jacques pour ses correspondances officielles puisqu'il ne pouvait plus modifier cette méprise - trouvait son origine dans les premiers échanges de courriers entre Montpellier et Versailles. Tout indique dans les archives que l'emploi de Villeret pour désigner oralement Jacques André Portefaix était courant, y compris sur son lit quelques instant avant sa mort et prononcé mot pour mot de sa propre bouche.

Une missive du maréchal de camp de Bréande datant du 7 novembre 1771, nous apprend qu'il était très satisfait de Portefaix et qu'il l'avait placé au rang de sergent des ouvriers d'artillerie à Douai.
Sur ordre du marquis Louis-François de Monteynard (secrétaire d'état à la guerre), arrivé dans le courant du mois de mai 1773, Jacques Portefaix quitta son école de Douai pour prendre son service dans la compagnie de la Pelouze du régiment d'artillerie d'Auxonne stationné à Besançon. Nous retrouvons alors dans le registre d'engagement des soldats et bas officiers de l'artillerie royale, les mentions suivantes :
- Matricule n° 36 , Villaret (Villaret étant employé suite à une erreur administrative à la place de Villeret qui est son véritable surnom militaire oralement utilisé ).
- Jacques Villaret , fils d'André Portefaix et de Marianne Bataille.
Natif de Villaret , juridiction de Mende en Gévaudan , né en 1750 (au lieu de 1752), taille de 5. 3.1 piés (5 pieds, 3 pouces, 1 ligne = un peu plus d'un mètre soixante-dix, soit sept centimètres de plus que la moyenne française à cette époque, mais les archives relatives à l'affaire de la Bête nous apprennent que les Portefaix était tous de haute stature pour leur époque), cheveux et sourcils châtains, les yeux grands, le nez gros, la bouche moyenne, le menton rond, une cicatrice à la narine gauche , visage uni.

Engagé le 26 Octobre 1770 dans la Compagnie de canonniers de La Pelouze, il passa dans la compagnie des canonniers du Comte de Thomassin le 22 janvier 1774 et se trouva mentionné au matricule n° 46. On note juste sur son état militaire de l'époque une logique modification de sa taille mentionnée à 5.5. piés (5 pieds , 5 pouces). (Sources : SHD Vincennes . Registre de contrôle de troupes du régiment d'artillerie d'Auxonne , GR10Yc1').

Son unité demeura à Besançon jusqu'à l'année 1775. Par le plus grand mystère, nous constatons que Jacques Portefaix, bien que classé comme officier subalterne depuis des années, n'était toujours pas à cette époque directement rémunéré par la solde militaire comme les autres engagés et devait sans cesse mendier sa pension royale qu'on tardait bien trop souvent à lui fournir pour subsister.
M. de Bréande avait parfois sollicité en son nom cette pension et le capitaine de sa compagnie l'avait aussi financièrement dépanné pour parvenir à survivre en attendant sa pension royale. Le reste de son existence semble avoir été réglée par l'angoisse de l'attente du versement de cette pension, faisant que Portefaix n'a jamais été véritablement un soldat du roi régit par les règles militaires du temps. Son existence demeurait constamment sous pression puisqu'elle dépendait du bon vouloir des autorités qui se faisait prier pour lui permettre de survivre ! Que penser de cette insoutenable et condamnable situation dans laquelle l'autorité royale l'avait placé, un peu comme sous tutelle pour mieux le régenter ?

De 1776 à 1778, son unité passa en casernement à la Fère. L'année suivante, le régiment se déplaça en Bretagne alors que Jacques Portefaix servait dans la compagnie de Lahoussaye. De ses courriers expédiés de Brest, car il officiait aux batteries de défense de la rade, Portefaix laissait entendre que son séjour armoricain pourrait lui laisser espérer quelques promotions en retour.
Il n'en fut rien puisque son grade ne sembla pas avoir évolué durant cette période. À l'issue de ce casernement, nous voyons sur son dossier militaire un réengagement daté 27 Juillet 1780, mis en application le 26 Novembre suivant. Durant l'année 1780, le régiment d'Auxonne passa au Havre. Son premier bataillon y était stationné, tandis que le second était parti de Brest pour combattre aux Amériques dans l'armée de Rochambeau. Portefaix était bien employé dans le second bataillon mais sa compagnie de Lahoussaye ne fut pas engagée Outre-Atlantique. Seules les compagnies de De Neurisse , du Chevalier de Boislogé , De Rumigny , De Morcourt de Foy , d' Ollivier d'Hemery , de Josserand du Fort , du Chevalier Dupuy , de Bonnay de La Rouvrelle , de Garret De Maisonneuve et de Barthélemy prirent part à la Guerre d'Indépendance américaine. Ce bataillon du régiment d'Auxonne artillerie s'illustra magistralement dans la décisive bataille de Yorktown du 9 au 18 octobre 1781.
La compagnie de Portefaix et le premier bataillon regagnèrent Auxonne en 1783. Le second, revenu d'Amérique devait les y rejoindre et, pour 1784, le régiment se trouvait au complet en Bourgogne.

Les missives de Jacques André laissent à penser qu'il ne se plaisait plus dans ce régiment d'Auxonne artillerie et espérait une promotion - qui ne viendrait jamais ici - ailleurs, dans une autre unité. Ayant entendu parler de la création d'un nouveau régiment d'artillerie pour servir dans les îles (sic), il sollicita l'aide du Maréchal de Beauvau pour parvenir à s'y trouver incorporé. Sans doute rêvait-il d'exotisme puisqu'il n'était certainement pas sans savoir que les brigades d'artillerie stationnées en Outre-Mer connaissaient une forte mortalité, due principalement aux fièvres et aux soudaines rebellions des autochtones. Il ne pouvait ignorer ces importants risques pour sa vie en faisant ce choix. Autre point qui paraît incompréhensible : en 1784, il connaissait toujours autant de difficultés pour percevoir sa pension royale (il n'avait pas droit à la solde comme les autres militaires) et on se demande comment il espérait un meilleur traitement en s'éloignant à ce point de la métropole où le suivi de sa pension était déjà des plus chaotique ? Il agissait comme s'il voulait fuir à tout prix. Ce nouveau régiment pouvait-il lui garantir un salaire régulier et une vie plus stable que celle qu'il connaissait ici en France ? Il est permis de le croire.

Le 3 juin 1784 , Jacques Portefaix est toujours à Auxonne et doit encore solliciter sa pension qui lui est due depuis le 16 avril. Sur une autre de ses lettres, on constate que sa pension lui était impayée depuis une année !
Le 24 octobre 1784, le roi Louis XV ordonne enfin la création de ce fameux corps de l'artillerie des colonies que Portefaix espérait intégrer au plus vite.
Le modalités de sa conception furent discutées par Monsieur de Gribeauval (premier inspecteur de l'artillerie) et le Maréchal de Castries (secrétaire d'état à la marine, dont dépendait ce nouveaux corps d'artillerie pour les îles). Il était décidé que le personnel de cette nouvelle unité serait dans un premier temps ''prélevé'' dans les différents corps de l'artillerie terrestre afin de le constituer, en attendant qu'il enrôle ses propres effectifs. Afin de compenser cette transition dans ce corps moins prestigieux et moins avantageux que les régiments de l'artillerie royale et à l'inévitable carrière risquée au delà des mers pour ceux qui décideraient de s'y maintenir, MM. Gribeauval et Castries imposèrent de promotionner automatiquement tous les canonniers qui seraient choisis dans l'artillerie régulière pour intégrer ce corps, au rang de sergents, pendant que les sergents passeraient au grade de lieutenant en troisième ; ce qui correspondait à peu près à un niveau de sergent-chef ou de sergent major, situé entre le lieutenant en second (sous-lieutenant) et le sergent canonnier. C'est donc à ce rang (adjudant - lieutenant en troisième - ) que Jacques André Portefaix, nouvellement admis par l'intervention du Maréchal de Beauvau, allait connaître son intégration dans cette unité tant désirée. C'est aussi dans un état d'esprit très promotionnel et exagéré (car il n'en est rien sur le fond) que le 21 mai 1785, de Saint-Priest lui adressa un courrier de félicitations pour sa nomination et l'obtention du brevet de lieutenant dans cette nouvelle formation, en l'exhortant à y servir du mieux possible afin de ne pas décevoir la confiance de son protecteur, le Maréchal de Beauvau.

Portefaix n'avait en fait pas connu de nomination particulière comme on pouvait le penser en lisant cette lettre , mais seulement bénéficié - à l'instar de tous les sergent d'artillerie déplacés - de cet avancement collectif décidé en haut lieu en tant que compensation pour l'entrée dans ce corps bien moins flamboyant que ceux de l'artillerie régulière. Cette augmentation de grade de Jacques Portefaix se résumait donc à un écran de fumée et un rang concret n'excédant pas de beaucoup celui de sergent. Son arrivée à cette classe est confirmée par les Archives Nationales d'Outre-Mer (sources découvertes par Max Arthuras) et son dossier militaire au SHD de Vincennes pour le Corps d'Artillerie des Colonies (fourni par Annie et Colette), à la date du 1er novembre 1784. Sa nomination fut en fait effective au sein de ce régiment et à ce poste de sous-officier, seulement le 16 février 1785.

Nous savons enfin, par sa lettre du 8 mai 1785, qu'il avait bien reçu son ordre de route pour Douai et sa confirmation d'admission au corps durant le mois de février de cette même année.
Que s'est-il passé ensuite entre la fin de ce mois de février et le mois d'août ?
Nous ne disposons actuellement d'aucun élément pour nous renseigner.

Pourtant dans la plupart des ouvrages et des sites consacrés à l'affaire de la Bête, les auteurs donnent Jacques André Portefaix décédé d'un accident de tir sur le polygone de tir de Douai le 14 août 1785. Pourtant une fois questionnés, les auteurs ont été incapables de donner des sources vérifiables. Une légende urbaine ? Est-ce que seulement un tel accident a eu lieu sur le polygone de tir de Dorignies, à Douai, et aurait été relaté dans les archives civiles et militaires de la cité ?
Non.
Aucun événement de ce type au XVIIIe siècle. Il exista bien quelques incidents arrivés en rapport à l'artillerie, mais celui qui aurait pu correspondre n'eut lieu qu'au début du XIXe siècle, durant la seconde Restauration.

Y aurait-il de potentielles victimes décédées à l'hôpital militaire de la paroisse de Saint-Alban à partir du mois d'août 1785 ?
Oui. Plusieurs décès de bas-officiers du corps d'artillerie des colonies ont été découverts à l'hôpital de Douai, entre août et décembre 1785, mais pas un seul répondant au nom de Villeret, Villaret ou Portefaix.
Les registres paroissiaux de ce quartier militaire restent aussi muets à son sujet. Peut-être que, gravement accidenté par cette explosion, il ait pu être transporté ailleurs pour y mourir ? Mais en plein été, mortellement blessé et transporté en chaise de poste ou en charrette, cela semblait purement utopique.

Il a alors fallu vérifierune source concernant le testament de Jacques Portefaix, rédigé à Paris par un certain notaire Bouja. Un notaire de Franconville-la-Garenne en Seine et Oise (aujourd'hui le Val-d'Oise) répondant au patronyme de Guillaume Robert Bouju semble en tous points correspondre au rédacteur testamentaire.
Puis en cherchant à tout hasard si Jacques Portefaix ne serait pas aussi décédé dans ce lieu de Franconville-la-Garenne, où avait été rédigé son testament, on consulta les registres paroissiaux des décès, et quelle ne fut pas la surprise de découvrir que Jacques Portefaix du Villeret de Chanaleilles était décédé dans cette paroisse de Sainte-Marie-Magdeleine de Franconville-la-Garenne le 14 août 1785 , là où officiait justement le curé François Portefaix, son cousin !

Mais il fallait encore découvrir les raisons exactes de sa mort, l'accident de tir s'éloignant quelque peu mais restant encore possible bien qu'improbable. Mais il fallait retrouver ce fameux testament par lequel Jacques André Portefaix faisait de son frère Jean-Joseph son principal héritier.
Il fut retrouvé dans les minutes notariales des A-D du Val-d'Oise et permis d'y relever cette vérité qui va à l'encontre de tout ce que les historiens de l'affaire de la Bête ont affirmé depuis très longtemps au sujet de Portefaix.

Testament de J. Portefaix Volet 1 Testament de J. Portefaix Volet 2 Testament de J. Portefaix Volet 3 Testament de J. Portefaix Volet 4 Testament de J. Portefaix Volet 5
Testament de J. Portefaix -
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Voici , en résumé , ce que nous apprend ce testament :
Au cours du mois d'août 1785 , Jacques Portefaix, se trouvant très probablement en congé, serait venu de Douai à Franconville-la-Garenne chez le curé François Portefaix qui officiait à la paroisse Sainte-Marie-Magdeleine.
Jacques André serait donc venu prendre quelques jours de repos chez son cousin, le prêtre de la localité, et aurait été pris d'un soudaine et mortelle maladie. Le 12 août, en pleine possession de ses moyens intellectuels, pouvant encore penser et écrire mais sentant sa fin prochaine, il fit venir plusieurs témoins accompagnés du notaire Guillaume Robert Bouju afin de leur communiquer ses dernières volontés et rédiger son testament. Par ce biais, il léguait ses maigres biens (il meurt pauvre, tout aussi pauvre que lorsqu'il était petit berger en Margeride) à son frère Jean-Joseph Portefaix qui avait bien mieux réussi que lui puisqu'il était bourgeois à Paris et vivait rue de Grenelle-Saint-Honoré au n° 20, à l'Hôtel de l'Empereur.

Le 14 août 1785, Jacques André Portefaix du Villeret de Chanaleilles est décédé dans la chambre du second étage du presbytère de la paroisse Sainte-Marie-Magdeleine de Franconville. Il fut inhumé le lendemain dans le petit cimetière tout proche de l'église, qui n'existe plus de nos jours. C'est le vicaire du curé Portefaix, Pierre Leplanquais (plus tard curé de la paroisse à la Révolution) qui rédigea l'acte de décès.

Testament de J. Portefaix Volet 1
Acte de décès de J. Portefaix -
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Voilà qui devrait clore le débat une fois pour toutes, mais ça n'est que mon avis personnel propre à moi-même.



Merci à Patrick et Annie pour la relecture !

Crédits photo : Le Clavier des Bestieux.

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