La Bête de Chastel

ou la naissance du mythe de l'hyène

Jardins de Versailles.

Dans le livre de POURCHER, on peut lire au sujet de la dépouille que Jean Chastel apporta à Louis XV (pages 1003 et 1004) :

Pourcher, extrait de la page 1003

L'abbé POURCHER, qui a apporté dans son ouvrage beaucoup d'éléments pris de la tradition orale, ne donne pas plus d'informations que cela sur le fait que l'on ait ou non enterré la dépouille de la Bête dans les jardins de Versailles. C'est considéré comme tel et je pense que personne n'a jamais vraiment douté de la véracité de ce fait.

Mais comme on l'a vu avec la mort de la Bête, l'abbé a très certainement enjolivé ce qu'on lui avait déjà rapporté par tradition orale. On peut donc mettre en doute a véracité de ses descriptions, sauf celles tirées de documents d'archives. Malheureusement, étant la seule piste pour suivre la trace de la bête de Chastel, je l'ai suivie...

Je me suis renseigné auprès de monsieur Pierre-André LABLAUDE - architecte en chef des monuments historiques - qui m'a répondu qu'ils n'avaient aucune information à propos de la Bête du Gévaudan. Il m'a conseillé de contacter le MNHN et j'ai très vite été mis en relation avec Franz JULLIEN, à l'époque taxidermiste restaurateur.

Dans sa plaquette intitulée "La deuxième mort de la Bête du Gévaudan", il explique que la bête tuée par CHASTEL n'a pas pu être enterrée dans les jardins de Versailles. C'est même pour lui une aberration de penser cela, car les scientifiques de l'époque (Buffon et Daubenton notamment) étaient à l'affût d'une telle "découverte". Aussi, la dépouille de la bête de Chastel a été conservée dans le cabinet du roi (futur zoo du Jardin des Plantes) après y avoir été étudiée par Buffon. D'ailleurs un fascicule, vendu en 1819 aux visiteurs du Jardin des plantes, la mentionne très clairement. Mais en guise de Bête, on trouve une hyène.

Hyène barrée d'Orient.
Photo de la plaquette de Franz Jullien, avec son accord.

Tout ce que l'on peut donc dire avec certitude c'est qu'il y avait, jusqu'au début du 19ème siècle au MNHN, une hyène barrée d'Orient empaillée qui portait la mention "Bête du Gévaudan".

Mais lors des perpétuels mouvements des naturalisation présentées dans les collections, cette hyène a du finir par être démontée et, si la peau n'était pas trop abîmée, elle aura été réutilisée dans une autre naturalisation, de même que le crâne, seule preuve s'il en est de la vraie nature de la Bête.

Mais il faut également prendre en compte que si la peau était mal conservée, comme cela a très certainement du être le cas, elle aura été détruite (incinérateur ?) et le crâne entreposé jusqu'à réutilisation, ou destruction.

Aujourd'hui seul ce fascicule témoigne de son existence. Il est toujours consultable à la Bibliothèque Centrale du MNHN, (38 rue Geoffroy Saint Hilaire Paris 5) où il est archivé sous la cote : 8° Rés. 48, ou bien directement sur cette page.

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