Théorie de la meute de canidés sauvages pour exliquer la nature de la Bête du Gévaudan

Dieu sait que je ne suis plus partisan de la théorie de la meute, pour plusieurs raisons que j'ai eu l'occasion d'évoquer dans un autre chapitre (cf. L'hybride) et que je résumerai en disant ceci : la thèse ne tient pas car si la "Bête" avait été plusieurs animaux, on aurait fatalement fini par les voir ensemble. La Bête a été vue avec une compagne louve quelques fois, mais jamais ce deuxième animal n'a pris part aux carnages. Il serait donc avisé de partir du principe qu'il n'y avait qu'un seul animal et que ce n'était définitivement pas un loup, puisque l'animal identifié comme tel et vu auprès de la Bête n'a jamais pris part aux attaques.

Oui, mais.
Le récent travail que j'ai mené sur les blessures relevées sur les deux "bêtes" tuées lors de l'affaire, met en évidence une chose : il est sûr que les deux animaux se sont croisés en Gévaudan durant la première partie de l'affaire de la Bête, jusqu'à septembre 1765 puisqu'ils présentent des blessures qui ont été faite à "la" Bête.
Mais vivaient-ils en groupe ? Pourquoi, comment se fait-il qu'on n'ait jamais vu ces deux grands mâles ensemble ? Pourquoi, comment se fait-il qu'ils n'aient jamais attaqué en même temps à deux endroits différents ?
Je voulais avancer un peu, mais je sens qu'on a fait un pas en arrière là, non ?

Et encore, c'est sans prendre en compte le pelage presqu'identique des animaux. Encore un truc à se prendre tous les poteaux du coin ! Quel est le problème ? Le problème c'est qu'il ne semble pas y en avoir. Les deux ont un pelage somme toute similaire, très épais et long sur le cou et le buste, une tache blanche sur la poitrine, une bande noire sur le dos, le poil du corps mi-long et aussi épais que le cou et enfin, le poil des pattes et du visage ras et lisse. Le tout dans des tons fauves, "rayés de bandes sombres" (en fait selon moi bringé c.f. : anecdotes).

En partant de ces conclusions là, je me suis laissé imaginer un petit scénario. Il n'a rien de vraiment sérieux, prenez-le plutôt comme une réflexion à voix haute ou du moins, à lettres noires. J'imagine donc bien un duo, peut-être père et fils ? Un loup et son rejeton hybride, la mère a été tuée un ou deux ans avant l'affaire. Ils sont donc au moins du même clan, au mieux de la même famille. Je vois bien le vieux père qui se fait avoir "comme un bleu" à la mi-septembre 1765 quelque part en Gévaudan, puis est déporté par les gardes d'Antoine dans la forêt de l'abbaye des Chazes où l'envoyé du roi sait qu'il n'a de compte à rendre à aucun des nobles Gévaudannais du coin (et pour cause, il est en Auvergne !) et ainsi finit le vieux mâle, laissant champ libre au plus jeune. Mais celui-ci, plus timide, va mettre un certain temps à oser monter à la charge (accalmie de l'hiver 1765), timidement, par-ci par-là, puis l'année 1766 passe et comme il trouve une compagne louve qu'il protège jalousement pendant les mois d'hiver (accalmie de l'hiver 1766), il revient à la charge plus que jamais au printemps 1767, car avec la naissance de cinq louveteaux, il faut faire beaucoup de courses (lol) ! La fin du deuxième animal se fera sous la balle salutaire de Jean Chastel.

Je ne crois pas à un tel scénario, qui comporte des tonnes de coquilles et autres impossibilités et je préfère laisser le mot de la fin au doute.
Mais ça n'est que mon avis personnel propre à moi-même...

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