Théorie de la hyène rayée pour exliquer la nature de la Bête du Gévaudan

Larousse Illustré - 1935

Pour moi la question ne se posait pas il y a quelques temps, mais à force de travailler avec Franz, d'en discuter, ce qui m'était alors évident l'est de moins en moins. Parce que si la présence d'un tel animal parait fantasque si on se veut un peu raisonnable, elle pourrait s'avérer être en fait complètement envisageable.
Petit retour en arrière.

1819 : Une plaquette est vendue un franc aux visiteurs du Jardin des plantes, décrivant les animaux de la ménagerie et les animaux empaillées du Cabinet du Roi. Dans la description de l'hyène qui est à la cage numéro 5, on peut lire ceci : "5. La Hyenne barrée d'Orient.- ... Ce féroce et indomptable animal est rangé dans la classe du loup cervier; il habite l'Egypte, il parcourt les tombeaux pour en arracher les cadavres; le jour, il attaque les hommes, les femmes et les enfans, et les dévore. Il porte une crinière sur son dos, barrée comme le tigre royal; celle-ci est de la même espèce que celle que l'on voit au cabinet d'Histoire Naturelle, et qui a dévoré, dans le Gévaudan, une grande quantité de personnes."

1994 : Franz Jullien publie une plaquette titrée "La deuxième mort de la Bête du Gévaudan". Pour lui, dans ce document, la Bête du Gévaudan est clairement identifiée comme une hyène. L'animal tué par Antoine est un loup, celui tué par Chastel, une hyène [Sa plaquette n'est malheureusement plus disponible et ne sera pas ré-éditée, alors il nous fait l'honneur de nous l'offrir].

Mais une hyène n'a pas 42 dents, seul le canidé en a autant.
2009 : à force de réflexions, nous concluons avec Franz qu'il se peut que Buffon ait naturalisé un canidé en hyaenide, se méprenant sur la robe des deux animaux, forts similaires.

2011 : lors d'une nouvelle discussion, à force de chercher à savoir comment exactement fonctionnait le Cabinet du Roi à l'époque, une nouvelle conclusion a été tirée, qui remet pas mal de choses en question. La voici en substance :
Flèche droite le mode de fonctionnement des collections du temps de Buffon est établi : on donnait à l'animal le nom de l'endroit où il avait été tué.
Flèche droite Comme l'atteste le fascicule du Jardin des Plantes de 1819, il y avait, en plus de la hyène vivante logeant dans la cage N° 5 de la ménagerie, une hyène barrée d'Orient naturalisée, "enfermée" dans le Cabinet du Roi et qui, elle, provenait du Gévaudan.

On ne peut donc avoir aucun doute sur le fait qu'une hyène ait été ou pas en Gévaudan à l'époque de la Bête, puisque celle-ci y a été tuée. Par contre, absolument rien ne prouve qu'elle ait quoi que ce soit à voir avec les meurtres survenus dans ladite province entre 1764 et 1767. Elle a peut-être seulement été vue et a rendu plus hardue l'identification claire de la "Bête", rendant du coup tout à fait plausibles les témoignages de hyène (notamment chez Lafont, d'Enneval ou Ballaivilliers...).

Cela remet donc en cause l'identité de cet animal : s'agit-il d'un des deux animaux officiellement abattus :
- soit celui d'Antoine (ce qui, au passage, peut justifier bien des choses autour de l'envoyé du roi...)
- soit celui de Jean Chastel (ce qui, là aussi, remet pas mal de choses en question, vu que cette dernière bête vivait en couple avec...une louve et que l'accouplement hyène / loup est impossible - et ça on en est sûr ! - ).

Ou bien s'agit-il d'un animal indépendant ? Auquel cas comment se fait-il que l'on n'ait jamais vu la Bête et cette hyène en même temps ?

Je ne vois pas très bien, d'ici...
On a avancé, ou pas ?
...
Mais ce n'est que mon avis personnel propre à moi-même.

Vous avez des renseignements qui ne vont pas dans mon sens ? C'est ici.

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