Blessures de la Bête

Partie nécessaire car elle sert de base à de nombreux travaux que j'ai réalisés. Le but est de dresser une liste des blessures relevées dans les deux rapports d'autopsie que nous possédons. Il s'agit en premier du rapport de Charles Jaladon, chirurgien de Clermont Ferrand, qui a autopsié le "loup" de François Antoine à la demande de l'intendant d'Auvergne Mr de Ballainvilliers le 27 septembre 1765 (les Chazes étant en terre auvergnate, tout ce qui y est tué doit passer chez l'intendant de la province en premier). Son rapport est moins complet que ne l'est celui de maître Marin pour la Bête de Chastel, mais il nous parle de l'essentiel. Je vous le mets en intégralité ici mais nous allons nous concentrer ici sur l'essentiel.

Maître Jaladon déclare (j'ai re-numéroté pour coller avec le shémas):
"1 - Une cicatrice à la face interne de l'épaule droite qui pénétrait jusqu'au muscle.
2 - Plusieurs cicatrices aux deux poignets ou à la partie antérieure inférieure des jambes de devant.
3 - Deux trous situés à la partie postérieure des deux cuisses qui paraissent avoir été faits par une balle.
4 - Un coup qui a percé le globe de l'oeil droit, pénétré dans la tête, et a fracturé les os de la base du crâne et a procuré la mort de l'animal, lequel coup paraît avoir été fait par une balle.
5 - Une cicatrice derrière l'oreille gauche.
6 - Une autre cicatrice pénétrante obliquement dans les chairs à la partie moyenne antérieure de l'épaule droite.
7 - La peau percée en différents endroits par de gros plombs ou chevrotines surtout dans le flanc gauche.
8 - Plusieurs plombs de différentes grosseurs se sont trouvés dans les différentes parties inférieures de cet animal.
"

Le shémas ci-dessous vous montre la localisation estimée des blessures, en tenant compte des descriptions de Jaladon.

J'ai volontairement mis un N°9, qui correspond aux trente-cinq postes qui sont parties avec la balle miraculeuse d'Antoine et qui, bien que n'étant étrangement pas décelées par Jaladon, sont indiquées par Antoine dans son rapport. On trouve donc sur cette bête, des traces de blessures anétrieures à la chasse de septembre 1765, et il est assez facile de dire dans quelles circonstances l'animal les a eues. Enfin, presque...

Commençons avec le plus facile, les deux blessures à l'épaule droite (6 et 1). Il ne peut s'agir là que des traces du combat avec Marie-Jeanne Valet le 8 août 1765, entre Paulhac et Broussoux. Ensuite, la blessure à la tête avec la balle retrouvée dans les os de la base du crâne (4), c'est le tir d'Antoine, les deux trous traversant de part en part les cuisses (3), c'est le coup de carabine de Rinchard. Ensuite on a une cicatrice à l'oreille gauche. Elle pourrait être attribuée à n'importe laquelle des victimes qui a dit s'être défendu contre la Bête avant ce jour fatidique de septembre 1765, alors quitte à en prendre une au hasard, je vais carrément choisir Portefaix, pour le courage que représente son action.

Les autres cicatrices ne sont pas identifiables (pas encore). Par leur nature premièrement, comme les cicatrices aux avant-bras et aux pattes qui peuvent avoir été faite en diverses occasions, mais ce n'est pas une partie que les victimes disent avoir attaquée. Et il y a les coups de feu qui ont été tirés sur le flanc gauche de l'animal (plus d'infos sur la page de la chasse des Chazes).

Scalpel horizontal

Passons maintenant à la Bête de Chastel et la localisation estimée des blessures en tenant compte des descriptions du PV de maître Marin que je cite en substance pour l'avoir sous la main :
"Nous avons remarqué une blessure à trois lignes [0.7cm] au-dessous de l’articulation de la cuisse droite tant intérieurement qu’extérieurement et avons touché, au jarret, trois grains de plomb. On nous a assuré que cette blessure devait être celle que lui fit le sieur de La Védrines, écuyer, par un coup de fusil, il y a 2 ans ou entour, plus une autre blessure ancienne à la cuisse gauche, près de l’articulation, plus une ancienne blessure au-dessus de la paupière de l'oeil gauche qui paraît avoir été faite par un instrument tranchant.
Enfin, cet animal a reçu le coup mortel par un coup de fusil qui lui a percé le col, coupé la trachée artère et cassé l’épaule gauche
".

Quatre petites blessures, toutes identifiées ou presque, car il n'en manque qu'une : le coup de fusil à la jambe gauche. Toute fois ce dernier imact doit certainement être celui du sieur Marlet de la Chaumette, tiré le 1er mai 1765.

On a donc des blessures qui ont été attribuées juqu'ici à un seul et unique animal dénommé "la Bête", mais réparties sur deux animaux différents.
La démonstration s'arrête ici, mais sert de base pour les pages suivantes :
- La meute
- l'hyène
- la chasse des Chazes
- la chasse du 19 juin 1767


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