Présentation de la Bête d'Orléans
Bête d'Orléans

Il s'agit en fait de deux affaires bien distinctes, puisque se passant à presque un siècle d'intervalle. La première, celle d'Orléans, se passe en 1709, comme l'atteste une lettre de M. Polluche Lumina (AD Puy de Dôme, côte 1c 1734), datée du 17 juin 1765 et qui en dit ceci :

Une affichette fut également imprimée avec, outre l'illustration ci-dessus, le texte suivant :
"Cette bête cruelle déchire et dévore tout ce qu'elle rencontre sur son passage et porte la désolation parmi des familles entières dans les contrées qu'elle parcourt.
Le 25 décembre dernier elle rencontra à l'entrée d'un village près Beaugency un malheureux bûcheron, sa femme et son fils aîné. Cette bête féroce se jeta d'abord sur cette malheureuse femme ; le pauvre bûcheron et son fils veulent la défendre : un combat terrible s'engage, mais malgré leurs efforts et de plusieurs autres personnes arrivées, cette malheureuse a péri, et plusieurs autres blessées. Enfin il est impossible de calculer le nombre de malheureux qui ont été victimes de la voracité de cette bête sauvage ; elle est couverte d'écailles, et aucune arme ne peut l'atteindre. Prions Dieu, mes chers amis, qu'il nous délivre de ce monstre, et prions-le aussi pour le prompt rétablissement des personnes blessées par cet animal.
"

[Affichette imprimée à Chartres, chez GARNIER-ALLABRE, Fabricant d'images et Marchand de Papiers peints, place des Halles, Numéro 38g]

L'historien local Lottin en fait aussi mention et assimile la bête d'Orléans à celle du Gévaudan : «Une bête cruelle, que l’on croyait être une hyène, et qui désolait le Gévaudan, l’Auvergne, le Nivernais, le Bourbonnais et les frontières de l’Orléanais et contre laquelle on avait fait marcher des troupes réglées, est tuée, à cette époque, par le Sieur Antoine, habile chasseur. Cet animal féroce avait fait les plus grands ravages et inspirait une terreur universelle. Des images coloriées, faites chez M. Letourny, marchand de papier sur le Martroi, qui se fit une réputation pour ce genre de gravures, furent vendues par milliers».

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La bête de Chaingy aussi donna lieu à une abondante production d'image... Il y a donc bien eu confusion entre les deux, du moins au niveau de la représentation de "la bête" via les images.. Ce n'est pas surprenant : les imprimeurs ne s'embarrassaient pas de précisions et de plus se copiaient volontiers les uns les autres...

L'affaire de la Bête de Chaingy se déroula en 1814. Il est possible qu'elle a alors fait écho à d'autres affaires de "bêtes" antérieures, par exemple à celle que décrit le sieur Polluche qui se déroule bien avant. La "bête de Chaingy" est un cas un peu mieux documenté :
le 6 décembre 1814, plusieurs femmes et enfants qui ramassaient du bois mort dans la forêt furent assaillis par une louve. Elle fit deux morts et huit blessés. Le baron de Talleyrand, préfet, ordonna une battue et l'animal fut tué près de Cercottes.

Bête de Chaingy

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