Avertissement à propose de ce site

Bienvenue, chercheurs novices ou confirmés.

Vous êtes de plus en plus nombreux à venir hanter les pages de ce site, et je ne peux que vous en remercier. Il faut croire que dix-huit ans de bons et loyaux services commencent à porter leurs fruits. Et pour être tout à fait complet, je tenais à faire ce petit aparté pour vous expliquer un peu le monde étrange qu'est celui de la chasse à la Bête du Gévaudan.

Tout d'abord, ce site présente une compilation de tout ce que j'ai fait comme recherches sérieuses depuis 1997 (ce site a vu le jour le onze septembre 1998 après un an de préparation - oui je sais, le hasard des dates a fait que ce soit celle-là, mais j'y étais en premier ! ) et a pour vocation, certes un peu prétentieuse avec le recul, de vous permettre d'aborder l'affaire de la manière la plus objective qui soit.

À l'instar de la photo ci-contre, la Bête aura toujours un temps d'avance. Nous ne pouvons que constater les preuves de son funeste passage. Ne partez pas dans l'idée que vous allez la coincer, vous avez au minimum deux-cent cinquante ans de retard. Les découvertes dans les archives sont de plus en plus rares, même s'il est toujours possible d'en faire, ça arrive encore, mais ne vous attendez pas à trouver une lettre signée de la main de tel ou tel personnage de l'histoire révélant les dessous de l'affaire, ça n'existe pas.

Pas plus qu'il n'y a de "théorie correcte" : il n'y a que des idées qui s'affrontent. Le problème est que ceux qui font survivre l'histoire de la Bête ne se focalisent que sur un seul aspect et rejettent le reste. Ici je vous donne tous les éléments en vous disant ce que j'ai pu vérifier, en laissant planer le doute là où l'on peut, et abattre ceux qui planent sans raison. Mais trop nombreux sont encore ceux qui occultent l'irréfutable Histoire et ses preuves inconditionnelles, sous prétexte de n'aborder l'affaire que sous un seul angle faute de voir leur théorie s'effondrer...

Si je fais souvent référence au sens logique, dont je souligne souvent le manque chez certains combattants ( entendez par là "les représentants principaux des grandes théories en guerre", chacun voulant à tout prix prouver qu'il a raison et que les autres ont tort) je me dois d'avouer que lui seul ne réussirait pas à trouver une solution, mais c'est une méthode de recherche qui fonctionne. Quelques fois pourtant, il y a des logiques propres à une personne, à une situation, à un caractère si fin de l'être humain que nous ne pourrons jamais ne serait-ce qu'imaginer ce qu'il a pu être. Au mieux pouvons nous imaginer plusieurs cas et se dire que c'est "quelque chose comme ça qui a du se passer".

Il faut également, pour ne pas se faire de tort à soi-même, vérifier les infos qu'on trouve sur le net, aussi bien que dans les livres joliement reliés.. On y trouve tout et n'importe quoi, et c'est souvent n'importe quoi qui est repris par des gens "sérieux" pour consolider leur théorie branlante. Mélangez n'importe quoi avec rien, ça fera toujours rien. Mais on ne peut en être sûr qu'en vérifiant. Par soi-même c'est le mieux, et les cas ne manquent pas. Je vais vous raconter une anecdote personnelle pour illustrer ce propos, à propos du mémoire de Jacques Portefaix.

Très rapidement je résume : le 12 janvier 1765, Jacques Portefaix et six autres enfants du Villaret combattent et repoussent la Bête. Le roi offrira des études militaires à Jacques en récompense de sa bravoure. Jacques a écrit un mémoire dont on connaît l'existence par plusieurs lettres d'époque, mais personne n'a jamais retrouvé ce document. Puis un jour une plaquette est éditée par Roger Lagrave, à propos de Portefaix, où il est livré des passages du mémoire, qui dénoncent un homme d'être derrière la Bête.

Cette plaquette et cette "révélation" ont été prises pour argent comptant par autant d'historiens (plutôt en herbe, les historiens !) théoriciens du sadique ou du dresseur de fauve. Mais voilà, les passages du fameux mémoire dans la plaquette incriminée sont des faux. Roger Lagrave ne l'a jamais nié, il s'est même étonné que personne ne se soit jamais aperçu de la supercherie, ayant volontairement glissé des erreurs dans le récit pour dénoncer lui-même qu'il n'a pas pu être écrit en 1767. De vrais historiens l'auraient relevé.

Toujours se référer à l'original, ou à l'auteur si c'est possible. C'est ça la première règle de tout chercheur. La seconde, c'est la patience. Et il en faut beaucoup, surtout quand vous tentez de joindre des achives ou que vous avez affaire à une administration. Mais quelques fois ça porte ses fruits. Il reste à fouiller dans tous les coins illogiques, puisque tous les endroits logiques ont été passés au peigne fin par plusieurs générations de bestieux.

Un petit mot plus personnel pour finir. J'ai fait ce site dans l'espoir de changer les mentalités. Tant de tort a été fait à la Bête par autant d'écrivains sincères parfois, qui croyaient dénouer une affaire mystérieuse, mais ils n'ont fait qu'envenimer la situation et faire grossir le mythe au détriment de la vérité qui n'a pas pu suivre, noyée par le flot des théories absurdes du XX° siècle. Si vous décidez d'ouvrir votre site, blog, espace perso sur la Bête (ce à quoi j'encourage fortement ceux qui ont assez de temps), ne vous laissez pas happer par la spirale infernale des théories fumeuses, ne mettez que des informations dont vous connaissez l'origine (nom, code d'archive, ISBN, etc...). Partez sur le principe que si nous sommes plusieurs à rétablir les vérités, à contaminer d'autres personnes par de vraies informations, alors nous y gagnerons tous.

Sur ce, bonne chasse et que la Bête vous garde !