Anecdotes

J'ai décidé de présenter ici, sous forme d'anecdotes, certaines infos qui me semblent importantes et qui sont noyées dans le flot de textes de la centaine de pages qui constituent ce site. Il y a de tout, du détail à priori sans importance à la mise en évidence de nouveaux personnages, je passe tout en revue.

Mais comme il arrive de temps en temps, un professionnel se penche sur mon humble travail et y trouve des boulettes. Dans cette section, c'est Yro qui nous donne son avis. Il veut rester discret pour le moment, mais il me laisse vous donner quelques détails : il est, selon ses propres mots, "plutôt «profileur» de phénotype et donc de «phénomorphotype» canin et lupin le tout basé sur du concret, du constaté et du vivant. Investigateur statisticien et perfectionniste, pas rêveur et...réaliste". Il nous donne son avis précieux sur la couleur cinabre des yeux, la couleur de robe et les pattes de la Bête. Si d'autres ont des infos contradictoires ou complémentaires, n'hésitez pas à me contacter !

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Boulanger :
J'ai "découvert" il y a peu que le chirurgien de Saugues qui a autopsié l'animal des Chazes le 21 septembre 1765 n'était pas le même que celui qui, avec l'aide de son fils, autopsia la Bête de Chastel. En effet, celui qui éviscère la Bête des Chazes avant qu'elle ne soit envoyée à Clermont-Ferrand chez l'Intendant d'Auvergne, s'appelait François Boulanger. Celui qui autopsie l'animal tué par Chastel, le 20 juin 1767, s'appellait Antoine Boulanger et son fils Côme-Damien. Je n'ai pas encore trouvé plus de détails sur ces deux chirurgiens, et il y a des chances qu'ils soient frères, cousins ou du moins de la même famille. Mais si ça se trouve pas du tout...
A développer donc.

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Sphacèle :
Dans son rapport sur l'autopsie de la Bête des Chazes, le chirurgien Charles Jaladon emploie un terme qui en a laissé plus d'un avec une moue d'incompréhension sur le visage. Voici le passage original et la traduction.

Après avoir enlevé les téguments, les graisses et les parties musculeuses déjà séphacelées j'ai desséché les parties charnues avec la liqueur indiquée par M. de Buffon, ensuite, avec l'esprit de térébenthine j'ai placé dans l'interstice des muscles les poudres et les baumes dont on se sert dans les embaumements, les capacités sont remplies de poudres odorantes et baumes balsamiques, sel pénétrant de toutes les parties extérieures matelassées avec la même poudre par-dessus le lignement ordinaire, le tout couvert de sa peau..."

Si tous les bestieux avec qui j'ai discuté semblent être d'accord pour dire qu'il s'agit d'une probable nécrose des tissus, aucun n'a trouvé de traduction plausible du terme "séphacelées". En fait, le terme ne semble même pas exister dans la langue française. Pourtant je reste persuadé que Jaladon n'était pas un niais, donc il a du employer un mot, ou son dérivé, qui avait une signification médicale.

J'ai essayé plusieurs orthographes différentes en me basant sur le fait que l'orthographe n'était pas aussi fixée que de nos jours (en 1762, ce n'est que la troisième réforme depuis 1562) et, comme on le voit très souvent encore de nos jours, l'orthographe souffre des déformations dues à l'accent de chaque région. Ce devait être le cas à l'époque aussi, et le seul terme que j'ai trouvé qui colle, c'est "sphacelées" : "On donne le nom de sphacèle à la gangrène qui occupe tout un membre ou tous les tissus d'un organe" (Larousse Médical - 1952). Voilà qui convient tout à fait aux circonstances et on imagine bien les parties "sphacelées" prononcé dans la capitale devenir des parties "séphacelées" dans la bouche d'un chirurgien de province (et dans son rapport...!).
Mais ce n'est que mon avis personnel propre à moi-même.

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Galères :
Le 27 septembre 1748, sont abolies les galères et leur lot de misères. Au lieu de partir en mer, les galères restent en rade de Marseille ou Toulon. Si la peine est toujours prononcée lors des jugements, que l'on marque toujours les condamnés au fer rouge avec les lettres "GAL", les galériens ne voient plus la mer et vont petit à petit devenir des bagnards. Il est donc définitivement impossible qu'un des fils de Jean Chastel, dont le plus vieux - Pierre - n'avait que douze ans en 1748, ait pu être envoyé aux galères et connaître des périples en mer chez je ne sais quels maures, barbares ou pirates.
CQFD.

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Couleur de la Bête :
La bête était dite «rouge ou rougeâtre» car d'un roux très intense et sombre (mêlé de noir) sur le dessus de la tête, les flancs, les cuisses et la queue (cette dernière étant quasi noire car dans le prolongement de la raie noire). L'arrière du museau et les membres étaient couleur «chevreuil», c'est-à-dire un fauve sombre grisâtre (roux clair et grisonnant). Les chevreuils en fonction de la saison et de l'environnement changent de couleurs et peuvent passer du roux fauve clair (un peu de gris) l'été au beige brun grisâtre d'aspect «délavé» en hiver.

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Cinabre :
Là aussi ça va être court, mais bon...
Les yeux de couleur «cinabre» sont d'un brun rougeâtre parfois orangé et intense comme beaucoup de chiens peuvent posséder mais également le renard et le dingo.

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Pattes de la Bête :
La taille des pattes de la Bête est de 12x10 cm. Ce n'est pas extraordinaire pour un canidé, loin de là, ça existe j'en ai vu. S'il n'est pas donné ni dans le rapport Marin ni dans la lettre d'Auvergne, Pic est le premier à annoncer le poids de la Bête : 107 livres (53,5Kg). On pourrait alors penser que la Bête ne peut pas avoir eu ce poids là avec des patounes d'un tel gabarit... mais en fait, la taille des pattes est normale. Elles sont adaptées au poids de l'animal, mais également à l'environnement dans lequel l'espèce évolue le plus souvent : sable, neige, eau, roche, etc... C'est donc juste une question de climat original (chaud ou froid), de répartition des masses, d'expansion plantaire et de ligne de dos (mais là c'est plus compliqué)...


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